La première guerre mondiale bouleverse ce bel équilibre et dès les années 1920 le déficit et les difficultés financières s'installent. En 1933 le réseau est mis sous séquestre, mais deux ans plus tard commence la modernisation : des autorails remplacent les trains à vapeur. Le second conflit mondial apporte alors son lot de perturbations, de restrictions, d'actes de résistance et aussi de destructions. La ligne Nice - Meyrargues, dont plusieurs viaducs sont détruits, ne s'en remettra pas et fermera définitivement en 1949.
Le « Train des Pignes » se réduit donc à l'axe Nice - Digne, dont le rôle touristique va s'accroître, tandis que le développement de la banlieue niçoise dans la basse vallée du Var procure un trafic suburbain important. L'existence de la ligne a été menacé bien des fois par la mauvaise volonté des politiciens, le manque d'investissements ou les crues du Var. Mais son rôle économique est enfin reconnu par tous, et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui a repris sa gestion en 2007, va enfin lancer un ambitieux programme de modernisation.
José BANAUDO
Nice va également être reliée à Digne, en direction des Alpes, mais la réalisation de cette voie ferrée sera plus difficile. En 1892 sont ouverts les tronçons de Digne à Saint-André-les-Alpes et de Nice à Puget-Théniers. Entre les deux, on a recours à une diligence pour parcourir les 50 kilomètres restants. La compagnie du Sud connaît de graves difficultés et c'est l'Etat qui va prendre en charge l'achèvement de cette voie, en passant à plus de 1000 mètres d'altitude au moyen de nombreux ouvrages d’art. La ligne Nice - Digne ne sera intégralement ouverte qu'en 1892... 50 ans après que Beau de Rochas en ait rêvé !
A cette époque, le chemin de fer joue un rôle économique considérable. La compagnie du Sud exploite aussi un autre réseau sur le littoral varois et des lignes de tramways qui desservent les hautes vallées des Alpes-Maritimes.
Dès le rattachement du Comté de Nice à la France, l'ingénieur dignois Alphonse Beau de Rochas a imaginé une ligne de chemin de fer reliant Grenoble à Nice par les Alpes. Puis, pendant près de 20 ans, les projets se sont multipliés en Provence pour relier Nice à la vallée de la Durance, en passant par Grasse, Draguignan et Meyrargues.
En 1885, l'Etat décide de construire ces lignes à voie métrique et en accorde la concession à la Compagnie des Chemins de fer du Sud de la France. Les premiers travaux débutent dans le département du Var, où la section de Draguignan à Meyrargues est ouverte dès 1888-89. A l'est de Draguignan, on prolonge la voie dans les Alpes-Maritimes jusqu'à Grasse en 1890 et Nice en 1892.
LE " TRAIN DES PIGNES "
OU L'HISTOIRE MOUVEMENTÉE DES CHEMINS DE FER DE PROVENCE
La ligne ferroviaire NICE – DIGNE, longue de 150 kilomètres, est la dernière section en activité d’un réseau bien plus vaste qui s'est étendu sur quatre départements : Alpes-Maritimes, Alpes de Haute-Provence, Var et Bouches-du-Rhône.